CHRONIQUE: Le fleuve sacré de Shûsaku Endô

2.5.15

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Il y a peu, j'ai pris une bonne résolution (oui je sais je suis à la traîne, on n'est plus en janvier), j'ai décidé de me lancer un challenge culturel: tous les mois, je me suis fixée un nombre d'objets culturels minimal à découvrir.
J'ai pris cette décision car avec internet, j'ai délaissé la lecture et le cinéma à mon grand regret et c'est suite au visionnage d'une vidéo de Solange te parle (clique ICI pour visionner la vidéo en question),  que j'ai décidé d'y remédier et de me remettre à la culture.
Je posterai bientôt une vidéo sur mon challenge culturel du mois d'avril où je décrirai tout ça en détails et où je présenterai toutes mes découvertes culturelles du mois et mes coups de coeur. 
En attendant, cette vidéo mensuelle sera complétée par des articles sur chaque découverte culturelle importante à mon sens.
J'ai pris le train en cours de route car j'avais hâte de recommencer à dévorer la culture, c'est pourquoi les deux dernières semaines d'avril ont été bien remplies. 

Aujourd'hui, je vous présente ma première lecture du mois d'avril: Le fleuve sacré de Shûsako Endo.
Tout d'abord, un petit topo sur l'auteur: 
Shûsako Endo (1923-1996) reçut une éducation catholique, ce qui explique l'omniprésence dans toute son oeuvre de questions en rapport avec la religion et les croyances. Il met également ses personnages face à de complexes dilemmes moraux.
A travers son oeuvre, apparaissent assez clairement les expériences qu'il a vécu pendant son enfance: hospitalisations, maladies, religion, stigmatisation des étrangers.

Passons maintenant au roman: 
Résumé: Un groupe de touristes japonais partent en voyage organisé sur les traces des lieux sacrés du bouddhisme en Inde. Presque tous ont un passé douloureux et sont à la recherche de quelque chose, les uns de pardon, d'autres de réponses.
Dans la première partie du roman, s'offre à nous une description à tour de rôle de chaque personnage important. 
Le premier est Isobe, c'est un personnage très touchant. Ancien homme d'affaires, âgé, il perd sa femme d'un cancer et se retrouve tout seul du jour au lendemain. Sa femme lui demande avant de mourir de la retrouver après sa mort, une fois qu'elle sera réincarnée. 
J'ai beaucoup aimé la façon dont sont décrit les sentiments d'Isobe, il réalise en effet l'importance de ses sentiments envers sa femme de façon progressive jusqu'à comprendre à quel point il pouvait l'aimer. 
Le personnage de Mitsuko, lui, est le plus complexe. C'est une jeune femme qu'on découvre bénévole à l'hôpital. De prime abord donc, nous avons une certaine vision de la jeune femme qui va s'avérer totalement erronée. En fait, Mitsuko n'arrive pas à aimer son prochain et a parfois des tendances sadiques.
Alors qu'elle se trouvait encore à l'université, elle prit pour bouc émissaire Otsu, un garçon réservé, croyant et ringard.
C'était son opposé car il était également profondément généreux et tolérant.
Mitsuko et Otsu entretiennent une relation très particulière, après avoir "fait l'amour", Mitsuko jette en effet Otsu aux oubliettes, heureuse de l'avoir si bien manipulé et fait souffrir.
Mais avec les années qui passent, elle ne parvient pas à l'oublier, fascinée qu'elle est par un être si différent d'elle-même.
Mitsuko est un personnage difficile à comprendre et très intéressant car elle présente une ambivalence, elle peut à la fois se montrer sympathique comme être d'une immense méchanceté.
Numada est un écrivain de livres pour enfants ayant pour personnages principaux des animaux. Ce personnage est très sympathique. Il aime confier ses peines et ses douleurs à ses animaux  et s'y attache beaucoup.
Atteint de la tuberculose, il va malheureusement devoir se passer de ses si précieux compagnons.
Enfin, dernière personnage important, il s'agit de Kiguchi qui, à mes yeux, a l'histoire la plus tragique. C'est un ancien combattant de la guerre en Birmanie, dont il est rentré intensément traumatisé. Sur place, il a contracté la malaria et son compagnon d'armes et ami Tsukada lui a sauvé la vie et a du pour cela, faire quelque chose d'horrible qui le détruira à petits feux une fois rentré chez lui.
Dans la deuxième partie du roman, on découvre les aspirations de chaque personnage et la raison de leur présence en Inde. 
Je ne vous en dis pas plus afin de vous laisser un peu de suspens tout de même ;) 
On découvre également l'Inde dans toute sa splendeur, avec ses inégalités, ses castes, la puanteur de ses rues et la mort omniprésente, ses divinités féroces,...
Le Gange est un élément central du roman tout comme la réincarnation, ainsi on nous plonge dans l'univers des rites crématoires et des coutumes locales qui y sont rattachées.
Certains comprendront l'Inde et d'autres la détesteront, certains y trouveront des réponses tandis que d'autres se perdront.  

Ma note: 6,5/10 
J'ai passé un bon moment à découvrir ce roman, les personnages sont intéressants et j'ai aussi beaucoup apprécié les très belles descriptions de l'Inde (riches en détails qui transportent). Les émotions des personnages sont exposés d'une façon intelligente sans tomber dans le patos. 
Le roman pousse à se questionner sur l'existence de Dieu, la coexistence des différentes religions et leurs relations.
J'aurai apprécié que certains personnages soient un peu plus mis en avant comme par exemple celui de Numada, un peu trop simple à mon goût.
La générosité sans limites d'Otsu m'a paru peu crédible à certains moments. 
Enfin, j'ai trouvé que l'écriture n'avait pas de style particulier. 
C'est pour ces raisons que je n'ai mis à ce roman que la note de 6,5/10 malgré ses qualités.


Auteur : Shûsako Endo
Editeur : Gallimard
Collection : Folio
Parution : 25 avril 2000
Pages : 328 pages
ISBN-13 : 978-2070413836


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