Le chant du monde - Jean Giono

by - 15.11.17

Le Chant du monde de Jean Giono

"Un oeuvre au lyrisme puissant qui offre aux lecteurs une communion incroyable avec la nature."


Biographie de l'auteur


Nationalité : française
Né(e) à : Manosque , le 30/03/1895
Mort(e) à : Manosque , le 09/10/1970

Jean Giono est un écrivain français.
Son œuvre mêle un humanisme naturel à une révolte violente contre la société du XXe siècle, traversée par le totalitarisme et rongée par la médiocrité. 
Dès l'enfance, il aime inventer des histoires et s'exerce très tôt à l'écriture. Mais il attendra d'avoir trente-cinq ans pour voir paraître Colline (1929), son second roman, le premier ayant été refusé.
Un grand nombre des ouvrages de Jean Giono ont pour cadre le monde paysan provençal. Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'Homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle.
Il fut accusé à tort de soutenir le Régime de Vichy et d'être collaborateur avec l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de son pacifisme, ne soutenant nul camp. Il s'est alors attiré de nombreux ennemis littéraires.
Durant la guerre, il ne cessera pourtant d'aider des juifs, des communistes et des résistants pourchassés. Mais il sera arrêté en septembre 1944, passera cinq mois en détention et sera pratiquement mis en quarantaine jusqu'en 1951, date à laquelle il sort enfin du purgatoire où il s'est trouvé relégué.
Elu à l'Académie Goncourt en 1954, il voyage, diversifie sa production par des récits de voyage, des comptes-rendus judiciaires, des billets d'humeur remis à des journaux, se lance même dans la production de scénarios pour le cinéma.
De son œuvre vaste et prolifique, on se souviendra du "Le hussard sur le toit" (1951), qui compte Angelo, protagoniste récurrent, ou encore "Un roi sans divertissement" (1947) et le poétique "Que ma joie demeure" (1935)... 


Contexte du récit


Lieu: En Provence, autour de la rivière de la Durance.
Epoque: Début du XXe siècle
Thèmes: Nature, Humain, Famille, Amitié, Amour, Vengeance


Résumé


Antonio, "homme du fleuve", jeune pêcheur au physique avantageux, accompagne son ami Matelot, un vieux bûcheron, dans ses recherches pour retrouver son fils, son "besson", disparu il y a plusieurs mois en amont du fleuve alors qu'il était parti chercher une cargaison de bois.
Nous suivons donc les pérégrinations de nos deux compères, peu bavards mais courageux, à travers la forêt, sur les rives du fleuve, jusqu'aux montagnes, au pays Rebeillard où la famille Maudru règne en maître.
Au cours de leur voyage, ils font la rencontre d'une jeune femme aveugle accouchant seule dans les bois. Ils confient cette jeune femme à une paysanne du coin mais Antonio est complètement sous le charme de la jeune femme aux yeux couleur menthe et lui fait la promesse de revenir la chercher.
Vers la fin de leur périple, ils apprennent que le fils de Matelot s'est amouraché de la fille de Maudru, l'a enlevée et qu'il a également tiré sur son neveu.
Le besson aux cheveux rouges est donc un homme recherché, il a trouvé refuge chez un proche avec sa fiancée, Gina.
Antonio et Matelot finiront par les retrouver mais la vengeance de Maudru sera terrible.

Personnages


Antonio: jeune homme prénommé "homme du fleuve" de part son activité de pêcheur et "Bouche d'Or" car il sait bien magner le verbe pour séduire. Loyal mais solitaire, il n'hésite pas à accompagner son ami dans sa quête et à le protéger autant qu'il peut.
Sa rencontre avec Clara est une révélation pour le personnage, qui n'envisage plus sa vie sans elle. Il s'est donné pour objectif de lui faire entendre le chant du monde puisqu'elle ne peut le voir.

Matelot: vieux bûcheron autrefois marin, c'est un homme vaillant et généreux.
Il a déjà perdu un fils.


Mon avis: 2,5/5 😏

Le personnage principal de ce roman est la nature. Présente à chaque page, presque à chaque phrase, elle est personnifiée, mythifiée. Lors de ma première tentative de lecture, j'avais été assommée par toutes les descriptions à rallonge de l'auteur et avais abandonné ma lecture après une trentaine de pages.
Cette fois-ci, remotivée comme je l'étais par l'envie de remplir mes objectifs du Pumkin Autumn Challenge, je me suis un peu forcée les cent premières pages pour finalement m'habituer au style très lyrique de l'auteur et même commencer à apprécier ma lecture.
L'action se met doucement en place et même si le récit garde son caractère contemplatif jusqu'au bout, le lecteur a tout de même envie de connaître le fin mot de l'histoire.

Petit hic pour moi également, le patois provençal et tout cet univers paysan qui ne me passionne guère. Le langage des personnages est parfois presque incompréhensible. 
Je suis sûre que cette originalité de la langue et cette atmosphère campagnarde plairont à certains lecteurs, ce n'est clairement pas mon cas.
Nous sommes plongés dans le quotidien de ces hommes du terroir, qui travaillent toute l'année dehors, en plein coeur de la nature.
Mon esprit curieux m'a permis de m'accrocher à ma lecture et d'essayer de m'intéresser un minimum à ce monde paysan mais ce n'a pas été facile. J'avais hâte de terminer le roman pour passer à une histoire plus dynamique, à une écriture qui me parlerait davantage.

J'ai trouvé que le style de l'auteur créait une distance entre le lecteur et les personnages, l'ensemble m'a laissé une impression de froideur qui m'a empêché de m'attacher aux personnages.

Le style de Giono ne l'a donc pas du tout fait avec moi, je n'ai été sensible ni à son écriture ni à son histoire.
Pourtant, Le chant du monde est une oeuvre intéressante car atypique, un bel exemple de nature writing, avec de jolies métaphores lyriques, des personnages mystérieux et touchants, un style bien particulier.
Je vous conseille donc de vous faire votre propre opinion sur ce roman et de venir ensuite partager votre ressenti en commentaire de cet article, cap? 😉



Le chant du monde de Jean Giono

💬

"Subitement il fit très froid. Antonio sentit que sa lèvre gelait. Il renifla. Le vent sonna plus profond; sa voix s'abaissait puis montait. Des arbres parlèrent; au-dessus des arbres le vent passa en ronflant sourdement. Il y avait des moments de grand silence, puis les chênes parlaient, puis les saules, puis les aulnes; les peupliers sifflaient de gauche et de droite comme des queues de chevaux, puis tout d'un coup ils se taisaient tous. Alors, la nuit gémissait tout doucement au fond du silence. Il faisait un froid serré. Sur tout le pourtour des montagnes, le ciel se déchira. Le dôme de nuit monta en haut du ciel avec trois étoiles grosses comme des yeux de chat et toutes clignotantes."
...
"Peu à peu maintenant tout prenait corps et musique. La nuit était descendue. Des enfants couraient dans la ville en secouant des torches de lavande sèche. Une phosphorescence blême huilait les bonds du fleuve et ses détours gras éclairaient au loin la plaine comme des lunes. Tout le ciel tiède battait contre la fenêtre. On entendait vivre la terre des collines débarrassées de gel, et loin, là-haut dans la montagne, les avalanches tonnaient en écartant le brouillard, éclaboussant la nuit de gros éclairs ronds comme des roues."
...
"Antonio entendit le bruit de la forêt. Ils avaient dépassé le quartier du silence et d’ici on entendait la nuit vivante de la forêt. Ça venait et ça touchait l’oreille comme un doigt froid. C’était un long souffle sourd, un bruit de gorge, un bruit profond, un long chant monotone dans une bouche ouverte. "
...
"Une lointaine forêt gémissait et parlait avec des mots de rêve."

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