Le Horla - Guy de Maupassant

by - 12.11.17

Le Horla de Guy de Maupassant

"Le journal intime d'un homme qui perd la tête, victime de sa schizophrènie."


Lecture effectuée dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, j'ai dévoré le recueil de nouvelles Le Horla de Guy de Maupassant.
J'ai été ravie de cette découverte, cela faisait beaucoup trop longtemps que je n'avais pas lu d'oeuvres de cet auteur qui fait pourtant partie de mes écrivains classiques préférés.

Biographie de l'auteur

Guy de Maupassant, né le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques et mort le 6 juillet 1893 à Paris, est un écrivain français.
Lié à Gustave Flaubert et à Émile Zola, il a marqué la littérature française par ses six romans, dont Une vie en 1883, Bel ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888, mais surtout par ses nouvelles (plus de 300), parfois intitulées contes, comme Boule de Suif en 1880, les Contes de la bécasse en 1883 ou le Horla en 1887. 

Ces oeuvres retiennent l'attention par leur force réaliste, la présence importante du fantastique et par le pessimisme qui s'en dégage le plus souvent mais aussi par la maîtrise stylistique. 
La carrière littéraire de Guy de Maupassant se limite à une décennie - de 1880 à 1890 - avant qu'il ne sombre peu à peu dans la folie et ne meure à 43 ans. Reconnu de son vivant, Guy de Maupassant conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations filmées de ses oeuvres. 
Source Wikipédia

Contexte de l'oeuvre


Lieu: Normandie, Hautes-Alpes, ...
Epoque: Fin du XIXe siècle
Thèmes: Angoisse, Folie, Moeurs du XIXe, Meurtre, Aristocratie 

Résumé de l'éditeur 

Le narrateur mène une vie tranquille dans sa maison au bord de la Seine, en Normandie, lorsque d'étranges phénomènes commencent à se produire. C'est la carafe d'eau sur sa table de nuit qui est bue, des objets qui disparaissent ou se brisent, une fleur cueillie par une main invisible... Peu à peu, le narrateur acquiert la certitude qu'un être surnaturel et immatériel vit chez lui, se nourrit de ses provisions. Pire encore, cet être, qu'il baptise le Horla, a tout pouvoir sur lui, un pouvoir grandissant... S'il quitte sa maison, ce pouvoir disparaît ; mais bientôt, il ne peut plus sortir de chez lui, il est prisonnier. D'où vient cet esprit ? Du Horla ou de l'homme, l'un des deux doit périr.
Le Horla comme les contes fantastiques écrits par Maupassant à la fin de sa vie, alors qu'il sombrait dans la folie, joue délicieusement avec nos nerfs en traitant de thèmes très actuels comme l'angoisse, la hantise du suicide, la peur de l'invisible.

Ce que j'en pense 💓

Le Horla est la première nouvelle du recueil éponyme publié en 1887 qui en comprend treize autres.
Nous suivons ici la descente aux enfers du narrateur, qui, au fil des jours, sombre dans la folie. L'auteur parvient à merveille à nous faire douter de la réalité et à nous mettre à la place du narrateur désemparé. Le récit est tragique et poignant, la maladie qui a pris possession de l'esprit de notre personnage principal est très handicapante et dangereuse pour lui et son entourage.
Il perd totalement le contrôle de ses actes, agit sans en avoir conscience et commence donc à imaginer qu'une créature le manipule, a prit possession de son esprit.
Malheureusement, en tant que lecteurs, on se rend assez vite compte, qu'en réalité, la maladie dont souffre notre personnage a un nom: la schizophrénie.
La chute est vraiment glaçante et m'a laissé complètement bouche bée.
La nouvelle se termine en effet sur une exclamation terrible du narrateur:
"Alors...alors... il va donc falloir que je me tue, moi!..."
Quand on sait que l'auteur a lui même sombré dans la folie à la fin de sa vie, cette nouvelle certainement autobiographique devient d'autant plus tragique.

Les autres nouvelles du recueil: "Amour","Trois pages du livre d'un chasseur", "Le trou", "Sauvée", "Clochette", "Le marquis de Fumerol", "Le signe", "Le diable", "Les Rois", "Au bois", "Une famille", "Joseph", "L'auberge" et "Le vagabond".

Le recueil a été très agréable à lire dans son ensemble, chaque histoire apporte son ambiance, met en avant certaines classes sociales et certains moeurs de l'époque.
Le point commun entre toutes ces histoires, c'est le réalisme de l'auteur, sa façon fluide et imagée de décrire les protagonistes, leur environnement et leurs actes.
Guy de Maupassant fait aussi preuve de beaucoup d'humour et j'aime ses petites leçons de morale bien senties.
C'est un vrai bonheur de se plonger dans ces récits où tout un monde disparu ressuscite, plus vrai que nature.
On rit, on pleure, l'auteur sait transmettre les émotions vécues par ses personnages multiples et variés.

Parmi mes coups de coeur: "L'auberge" qui traite aussi de folie ou "Le signe" qui met en scène une femme bourgeoise qui, poussée par l'oisiveté, se mettra à la place de sa voisine aux moeurs légères.

Un classique de la littérature, angoissant et captivant. 

Le Horla de Guy de Maupassant

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"Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous, sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre coeur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables." Le Horla
...
"Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d'eau, détruit les falaises, et jette aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit,-l'avez-vous vu, et pouvez-vous le voir? Il existe, pourtant." Le Horla
...
"Quand nous sommes seuls longtemps, nous peuplons le vide de fantômes." Le Horla
...
"Nous sommes si infirmes, si désarmés, si ignorants, si petits, nous autres, sur ce grain de boue qui tourne délayé dans une goutte d'eau." Le Horla
...
"C'est que sa nature est plus parfaite, son corps plus fin et plus fini que le nôtre, que le nôtre si faible, si maladroitement conçu, encombré d'organes toujours fatigués, toujours forcés comme des ressorts trop complexes, que le nôtre, qui vit comme une plante et comme une bête, en se nourrissant péniblement d'air, d'herbe et de viande, machine animale en proie aux maladies, aux déformations, aux putréfactions, poussive, mal réglée, naïve et bizarre, ingénieusement mal faite, oeuvre grossière et délicate, ébauche d'être qui pourrait devenir intelligent et superbe." Le Horla
...
"Rien ne m'émeut comme cette première clameur de vie qu'on ne voit point et qui court dans l'air sombre, si vite, si loin, avant qu'apparaisse à l'horizon la première clarté des jours d'hiver. Il me semble à cette heure glaciale de l'aube, que ce cri fuyant emporté par les plumes d'une bête est un soupir de l'âme du monde." Trois pages du livre d'un chasseur


Le Horla disponible ici

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