L'Ame du Mal - Maxime Chattam

by - 10.12.17

L'âme du mal de Maxime Chattam

"Le Mal est à son apogée. Plongée au coeur de l'abîme humaine et de ses horreurs."

Je crois qu'il s'agit du thriller qui m'a fait le plus froid dans le dos cette année, j'avais énormément entendu parler de Maxime Chattam et cette lecture fût une excellente mise en bouche de l'oeuvre de cet auteur populaire.
Attention, ce roman est dérangeant et angoissant, à ne pas mettre entre toutes les mains!

Biographie de l'auteur

Nationalité : française
Né(e) à : Herblay, Val-d'Oise , le 19/02/1976

Maxime Chattam et Maxime Williams sont des pseudonymes de Maxime Guy Sylvain Drouot, romancier français, spécialisé dans le roman policier.
Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis: sa première destination en 1987 est Portland dans l'Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman.
Rêvant d'abord d'être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.
Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit "Le cinquième règne" à cette époque puis fin 1999, devient vendeur de romans policiers à la FNAC. 
"Le Cinquième règne" est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams. 
Il suit une formation en criminologie pendant un an à l'Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale
Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller
Il rédige "L'âme du mal" en 2001, qui est publié l'année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de "Chattam", en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la "Trilogie du mal," suivi de "In Tenebris" (2003) et "Maléfices" (2004).
Marié à l'animatrice Faustine Bollaert depuis 2012, il est père d'une fille née en 2013 et d'un garçon né en 2015.


Contexte de l'oeuvre

Lieu: Portland et sa région, Oregon
Epoque: contemporaine
Thèmes: Tueur en série | Spiritisme | Enquête | Meurtres | Famille | Folie

Résumé

Ce qu'il y a de plus sombre en l'Homme, c'est lui même. Joshua Brolin, ancien du FBI, traquait le bourreau de Portland, qui étouffait et découpait ses victimes. Ce tueur est désormais mort, mais il s'avère que ces crimes continuent, et avec le même modus opérandi.
Avec l'aide de son équipe, Brolin va mener l'enquête, celle-ci le mènera sur les chemins du spiritisme et de la folie.

Mon avis 4/5 💓

En début de roman, nous assistons au kidnapping de Juliette, une jeune étudiante.
Heureusement pour elle, la jeune femme est sauvée de justesse des griffes du tueur en série qu'on surnomme le bourreau de Portland par l'inspecteur Joshua Brolin.
Mais un an plus tard, les crimes du célèbre assassin reprennent malgré la mort de ce dernier.
Les meurtres suivent le même mode opératoire, touchent le même type de victimes.
Juliette est inquiète, se rapproche de l'inspecteur qui lui a sauvé la vie...
Elle mène ses investigations de son côté, n'hésitant pas à se mettre en danger pour sortir de ces angoisses oppressantes. Juliette est un personnage important du roman, j'ai beaucoup aimé la façon dont Maxime Chattam fait d'elle un pivot de l'intrigue.
De son côté Joshua Brolin, entouré d'une fine équipe d'enquêteurs, tente de percer le mystère de cette résurrection du mal.
Brolin est un personnage très attachant, un geek solitaire qui boit du thé fruité. J'ai adoré les caractéristiques du personnage, sa perspicacité et sa ténacité. C'est un professionnel courageux qui a quitté le FBI et son rôle de profileur pour entrer dans la police et tâter du terrain.
Son expérience au sein de l'agence fédérale fait de lui un élément capital des équipes de police de Portland, surtout dans le cadre d'affaires de tueurs en série.
Comme dans Le Poète de Michael Connelly, la plongée dans l'univers policier, l'élucidation des crimes en série et les techniques de profilage sont tout simplement fascinantes.
L'écriture de Maxime Chattam est agréable, les descriptions justes, l'auteur est très doué pour faire monter la tension du lecteur. Suspens et frayeur sont au rendez-vous!
Point positif par rapport au thriller de Michael Connelly, le modus operandi du tueur est ici recherché, doté d'une signification spirituelle certaine, ce qui renforce encore la peur du lecteur.
Les meurtres sont particulièrement horribles (âmes sensibles s'abstenir) et le mystère est grand autour de l'assassin: Comment peut-il avoir le même ADN que le bourreau de Portland tué un an plus tôt? Agit-il seul ou appartient-il à une sorte de secte du crime?

Un thriller noir, haletant, qu'on ne peut lâcher jusqu'à la dernière page, avec une fin abominable, qui m'a fait frissonner et pleurer. Pour mon premier livre de Maxime Chattam, je suis conquise et impatiente de lire la suite de cette saga en trois tomes!

Livre disponible ici
L'âme du mal de Maxime Chattam

"Ce soir-là, la nuit leur parut bien moins apaisante qu'à l'accoutumée. Le disque lunaire ne brillait plus comme le phare des dormeurs mais comme une menace sibylline clignant dans d'immenses battements de nuage."

"Oui, il y a eu quelque chose entre eux, ils ont dans le regard le reflet coquin des souvenirs amoureux."

"Il marcha sur le trottoir, les mains dans les poches, admirant le paysage lumineux qui s'étendait au loin, au pied de la colline.
C'était beau et repoussant à la fois. Des myriades d'étoiles terrestres brillant d'un panaché de couleurs, mais surtout ce qu'elles impliquaient: la société.
Tous ces gens vivant dans l'engrenage du travail, de la vie sociale, du bien et du mal.
Que savent-ils du bien et du mal?
Qui sont-ils pour établir en lois apodictiques ce qui est le bien et le mal? Sont-ils des dieux?
Non, mais ils aimeraient le croire. Ou le devenir.
C'est ce qu'On lui disait souvent, "l'homme, dans son souhait de remplacer l'image fuyante et branlante de Dieu, a créé le progrès scientifique. La science est l'instrument de l'homme pour devenir Dieu."

"Une fois que vous avez exclu l'impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité." A.C.Doyle

"Il avait laissé allumée une petite bougie et en observant Juliette, il en vint à penser que nous ne dormons pas seulement pour nous reposer.
Mais également pour mieux vivre, pour guérir nos malheurs. 
Finalement, le sommeil adoucit les peines, il fait perdre leur consistance aux maux et transforme une réalité en souvenir.
Le sommeil est peut-être le seul vrai sanctuaire de quiétude dont dispose l'homme, se dit-il."

"Elle était ce qu’il avait toujours voulu trouver sans le savoir, ce manque en soi que tout homme cherche à combler sans vraiment en prendre conscience. Celui qui provoque un apaisement de l’âme sans commune mesure avec les autres petites victoires de la vie, cet accomplissement qu’on ne peut retranscrire nulle part. Une part de bonheur propre à chaque individu, simplement reconnaissable à cet éphémère constat de joie qui naît un beau jour avec plus de violence et d’intensité que tout autre auparavant.
Brolin avait découvert ce paroxysme de vie.
C'était Juliette.
Que lui réservait le monde à présent dans son immense sac à malice, quel tour lui imposerait-il, quel caprice ou quel miracle? Le ressac des jours passant ferait disparaître sa cicatrice comme un dessin dans le sable gommé par une mer imprévisible.
Seule la beauté du dessin resterait gravée dans son esprit. Juliette ne serait à jamais plus qu'un souvenir.
Peut-être n’y avait-il aucune morale. La vie n’en ayant pas elle-même. Les bons ne gagnent pas toujours à la fin et les méchants restent parfois impunis. Même l’idée de châtiment divin n’était en soi qu’une consolation à la conscience, il n’y avait peut-être pas de pesée de l’âme au-delà du seuil de notre existence.
Tout simplement, accepter l’idée d’un monde gigantesque, des milliards d’êtres humains respirant au même instant, un univers vaste, avec l’homme au milieu de tout ça. L’homme isolé dans la galaxie, comme une « anomalie » de la nature, un battement de paupière dans le cosmos, futile, avec pourtant le besoin de se sentir empli d’une raison d’être, quitte à se savoir l’esclave d’une puissance partiale. Un grain de sable, une micro-durée et flop ! plus personne. Toute une race disparaît sans laisser grand-chose derrière elle."

"Il sut qu'à jamais le visage de Juliette serait dans ses larmes comme de minuscules camées de cristal."


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